![]() |
| Just Hanging |
Il y a bien sur le livre de Rachel
Bostman – What's
mine is yours- avec cet élan enthousiaste qui ne nait
qu'aux USA. Avec l'assurance des pionniers ceux qui ne renversent
pas le monde mais étendent un peu plus loin l'héritage d'un monde
ancien.
L'idée de partager ce que l'on consomme, car partager signifie aussi acquérir à moindre coût un plaisir qu'on convoite, est sans doute une idée aussi vieille que le monde. L'échange de maison pour les vacances n'a pas attendu l'internet pour s'installer. Le nouvel essor de la consommation collaborative y trouve cependant son moteur.
L'idée de partager ce que l'on consomme, car partager signifie aussi acquérir à moindre coût un plaisir qu'on convoite, est sans doute une idée aussi vieille que le monde. L'échange de maison pour les vacances n'a pas attendu l'internet pour s'installer. Le nouvel essor de la consommation collaborative y trouve cependant son moteur.
Ce que les technologies de
l'information apportent dans des configurations variables : des
plateformes d’échanges, des forums, des réseaux sociaux, c'est
bien sur cette faculté de coordonner à coût faible une offre et
une demande excessivement hétérogène. Nous sommes à l'envers des
grands marchés que les économistes et les marketeurs travaillent.
Ces marchés
du divers depuis longtemps se mettent aux marges des petites
annonces. Robes de mariage, matériel de jardin, leçons
particulières, Week-end à la capitale, voitures ou vélos,
l'étendue des produits que l'on consomment et qu'on partagent ne fait
que s’accroître grâce à la réduction des coûts de recherche, de négociation et de contrôle que permettent les TICS. On aura au passage lu une petite référence à Williamson..
Il ne s'agit pas seulement d'acheter
ensemble. Les groupes d'achats sont une réalité complémentaire
mais distincte qui s'appuient simplement sur un principe d'échelle.
Il s'agit surtout de partager l'utilisation quitte à subir des
désavantages qui se rapportent le plus souvent à un critère
d'intimité. Porter le costume qu'un autre a enfilé, dormir dans le
lit conjugal d'un autre couple peut produire une sorte de dégoût. Si les
technologies de l'information réduisent les coûts de coordination,
renoncer à une propriété pleine et entière et au fétichisme de
l'objet peut être rédhibitoire. Il ne s'agit pas seulement d'un
trade-off entre la location et la propriété, mais de la charge
affective que la propriété supporte. Puisque les objets
sont une extension de soi, leur abandon peut revenir à une
amputation.
Le cœur de la consommation
collaborative est sans doute le foyer. Nombreux sont les biens qu'on partage en famille : le
sèche cheveux de la mère et la fille, les vélos, les meubles, les
livres et nous partageons parfois avec nos voisins la tondeuse. Même si aujourd'hui la taille
des ménages est réduite : près de 34%
des foyers ne comprennent qu'une personne et moins du tiers en
comprend plus de trois - on en comprend mieux le potentiel de cette forme de consommation.
A considérer cette consommation domestique on comprend que la consommation collaborative trouve son destin entre deux forces. L'une est purement économique. De nombreux biens méritent qu'on en partage l'usage, surtout ceux dont la fréquence d'usage est faible. Mais établir un calendrier de détention qui coïncide avec celui de l'usage est difficile, plus encore est de transférer aux dates et aux lieux nécessaire le bien en question. Réduire ces deux coûts ne peut que faire progresser cette économie. Mais une autre force s'y oppose : celle des frontières de l'intimité, des frontières qui sont celles du foyer, d'autres qui viennent de l'empreinte que l'on peut laisser sur les objets.
A considérer cette consommation domestique on comprend que la consommation collaborative trouve son destin entre deux forces. L'une est purement économique. De nombreux biens méritent qu'on en partage l'usage, surtout ceux dont la fréquence d'usage est faible. Mais établir un calendrier de détention qui coïncide avec celui de l'usage est difficile, plus encore est de transférer aux dates et aux lieux nécessaire le bien en question. Réduire ces deux coûts ne peut que faire progresser cette économie. Mais une autre force s'y oppose : celle des frontières de l'intimité, des frontières qui sont celles du foyer, d'autres qui viennent de l'empreinte que l'on peut laisser sur les objets.
La solution digitale joue en grande
partie sur le premier facteur, elle est sans doute moins déterminante
sur la seconde. D'autres solutions sont nécessaires. Partager sa
machine à laver pourrait sembler naturel dans la mesure où nous ne
l'employons que quelques heures par semaine. Mais il y a peut de
chance que nous transportions d'une maison à l'autre le tambour,
encore moins que nous invitions nos voisins à la buanderie car
d'ailleurs nous n'en avons généralement pas. Pourtant il existe une
ancienne institution qui faisait du linge une activité commune :
le lavoir. Aujourd'hui, il y a toujours des lavoirs, ils offrent des
machines à laver de différentes tailles, des séchoirs, parfois des
machines à laver à sec, mais sont fréquentés par les célibataires
et ceux dont le logement est trop petit pour laisser un espace au
lavage du linge.Les bibliothèques sont une autre sorte
de partage, un autre espace collaboratif de consommation, nous y
partageons les tables, les index, les rayonnages. Nous pourrions
rêver qu'elles prennent une forme encore plus locale, que nous y
remisions les livres que l'on achète contre le droit de lire ceux
des autres. Des bibliothèques associatives plus que des
bibliothèques communales. Les bibliothèques n'ont pas attendus
internet pour organiser le partage, mais c'est en retirant la
propriété de l'usage. Le lavoir et la bibliothèque ont cela de commun que le partage de la consommation est possible en retirant aux consommateurs toute propriété, il ne leur reste que la location d'un usage. Dans ce sens Le vélib n'est pas
véritablement une forme collaborative de consommation pour la simple
raison que ni la plateforme de coordination, ni les bicyclettes
n'appartiennent aux consommateurs.
On devine donc dans ces institutions l'enjeu
du partage qui est celui de ses institutions. Au-delà des mots :
mutualiste, coopératif, associatif, collaboratif, participatif et
osons-les socialiste, communiste, collectiviste c'est bien la question
du commun qui est en cause et les limites des droits de propriétés
qui sont atteintes. Dans cette perspective la consommation
collaborative se tient sur la frontière du marché et son
originalité serait alors dans la préservation des droits de
propriétés contestés. La diminution des coûts de transaction induit par les technologies de l'information en quelque sorte sauverait le marché d'investissement spécifique qui s'accroissent avec la solitude des sociétés libérales, sa seule limite serait alors cette part inaliénable de soi que l'on défini par les frontières de son intimité.

2 commentaires:
Vous voulez parler de lamachineduvoisin.fr pour votre passage sur le partage de machines à laver ?
Merci! je ne connaissais pas le site....Serais curieux d'en savoir plus sur leurs résultats.
Enregistrer un commentaire